14 juillet 2017 en Tunisie : photos et discours

Discours de l’Ambassadeur Olivier Poivre d’Arvor

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Discours de l’Ambassadeur
© Photographer Anis Mili

Monsieur le Chef de Gouvernement, cher Youssef Chahed,
Madame Hela Chahed,
Monsieur le Président de l’Assemblée des représentants du peuple, cher Mohamed Ennaceur,
Monsieur le Ministre, cher Jean-Baptiste Lemoyne,
Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les députés,
Monsieur le député de la 9ème circonscription des Français de l’étranger, cher M’jid El Guerrab, Mesdames et messieurs les conseillers consulaires,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Madame l’Ambassadrice de France pour la Libye et ses équipes, Monsieur le Consul général, mes fidèles et dévoués collaborateurs,
Mes chers compatriotes, je pense notamment aux deux cents nouveaux français invités ce soir,

Chers amis,

Ce 14 juillet 2017, honoré par la Tunisie de manière tout à fait exceptionnelle et au plus haut niveau de l’État, n’est pas comme les autres. J’ai souhaité en effet distinguer un temps solennel, celui qui nous réunit, un temps plus réservé, empreint d’une certaine gravité, en vous y conviant, vous qui êtes les plus proches acteurs de la relation entre nos deux pays, puis accueillir un peu plus tard sur les vastes pelouses de Dar Kamila des milliers d’autres amis pour un grand bal festif. Le recueillement d’abord, pour dire l’amour de la patrie, la fête ensuite pour partager la joie d’être ensemble.

Il y a un an exactement, le 14 juillet 2016, à Nice, sur la promenade des Anglais, à l’occasion du feu d’artifice qui célébrait la fête nationale, un attentat ôtait la vie à 86 personnes, dont une quinzaine d’enfants et d’adolescents, et en blessait, parfois très gravement, 458 autres.

Nous étions là, vous étiez-là plutôt il y a un an quand la nouvelle de ce drame est parvenue pendant la soirée du 14 juillet à François Gouyette, mon prédécesseur et ami dont je salue l’action, dans ce parc de la Résidence de France où je suis ce soir très heureux et fier de vous accueillir, et déjà vous rendiez hommage à ces victimes du terrorisme. Un terrorisme d’une violence inouïe, qui en France comme en Tunisie, a rappelé au monde combien nos deux pays, si proches, si fraternels, si liés, partageaient de manière presque symétrique le même destin, à Charlie Hebdo, à l’hyper casher de Saint Denis, au musée du Bardo, à Sousse, à Paris et à Saint Denis, à Ben Guerdane...

Je veux aujourd’hui rendre hommage au travail des forces de l’armée et de la sécurité, en Tunisie comme en France, pour mener le combat de la lutte contre le terrorisme. Rendre hommage à deux grands peuples, deux fières nations, deux belles sociétés qui se sont toujours levées dans l’histoire, un 14 juillet pour nous, un 14 janvier pour vous, pour défendre des valeurs communes, le refus de la violence et de la peur, le respect de la vie, de la dignité humaine, de la connaissance, de la liberté de conscience, d’expression, de démocratie, le respect, encore, des droits économiques, sociaux et culturels.

Mais c’est la vie, la vie et la jeunesse qu’il faut d’abord et surtout célébrer. La jeunesse et les femmes qui sont le levain de ce pays ! Ce soir, c’est donc à Shirine, la petite Shirine, que je veux dédier cette soirée et adresser un message. Shirine, aussi tunisienne que française, dont la vie, le destin, bouleversants, disent tant de cette magnifique famille franco-tunisienne.

Shirine, je voudrais avec un peu d’avance te souhaiter ton anniversaire. Dans quatre jours, le 18 juillet, tu auras en effet un an. Tout juste un an.

Shirine, toi qui vis à Tunis, tu passes cet été avec tes grands-parents maternels tes premières vacances en France.. Tes grands-parents paternels, ta famille sont avec nous ce soir. Je les salue très affectueusement.

Shirine, ce 1er janvier 2017, au petit matin blème de toutes les horreurs, tes deux parents ont compté parmi les 39 victimes d’un attentat terroriste commis à Istanbul où ils se trouvaient pour célébrer la nouvelle année : tu as ainsi perdu ta maman, Senda Nakaa, franco-tunisienne et ton papa, Mohamed Ali Azzabi, dit Dali.
Tu étais leure seule enfant, ils t’avaient, je le sais, beaucoup et longtemps désiréee.

Senda et Dali, c’est tout ce que la Tunisie et la France peuvent imaginer et créer de plus beau et de plus noble : une géographie, une histoire partagée, une communauté de destin, une langue, notre langue, une commune passion pour l’éducation : ta mère était élève du lycée français de La Marsa, ton père l’était au lycée français Pierre Mendès France. Dans chacun de ces établissements, des élèves, dont certains, nouveaux bacheliers avec mention très bien qui sont ici présents ce soir, ont planté ce printemps des oliviers pour honorer la mémoire de tes parents et te dire, à toi, Shirine, tunisienne et pupille de la nation française, combien ils sont présents parmi nous.

Ce soir, Shirine, tu incarnes l’espérance de nos deux peuples. Du haut de ta bientôt première année, grandis bien, fièrement, entre nos deux pays, deux pays en marche, deux pays courageux qui aspirent à la paix, au dialogue des cultures, à la croissance, à la prospérité de leurs citoyens, à la justice, qui luttent sans relâche et avec une détermination impressionnante, à l’image de votre gouvernement, cher Youssef Chahed, contre les corrupteurs et les corrompus, deux pays qui font le choix de la démocratie à chaque échelon du territoire, des communes et des villes, comme ce serait bientôt le cas avec les élections de décembre prochain...

Shirine, tu es née le 18 juillet 2016. Ce jour-là, une autre petite fille tunisienne, Ons Ben Romdane, ici présente ce soir, une jeune pianiste virtuose, qui avait à l’époque six ans, s’était émue avec son professeur du drame des familles de l’attentat de Nice. Ons avait décidé de jouer les deux hymnes nationaux, français et tunisien, et je me souviens alors avoir vu à la télévision les images de ce bel hommage.

Ons Ben Romdane interprétera dans quelques instants nos deux hymnes. Je l’en remercie comme je remercie chaleureusement nos prochains orateurs, Jean Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, qui a tenu à être avec nous ce soir à Tunis, et Youssef Chahed, Chef du gouvernement tunisien.

Je voudrais vous demander, auparavant, à tous, de consacrer une minute de silence. Pour tes parents, Shirine, pour Senda et Mohamed, et pour toutes les victimes du terrorisme touchées ces derniers mois et années en Tunisie, France, en Egypte, en Irak, en Turquie, en Belgique, au Royaume Uni, en Allemagne, en Suède, au Nigeria, au Cameroun cette nuit encore, à Jérusalem ce matin, et dans bien d’autres pays...

Merci.

Vive la Tunisie, vive la République et vive la France !

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Album Photos

Voir aussi : Extrait du discours de l’Ambassadeur en vidéo

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Dernière modification : 02/08/2017

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